Le jour où j’ai enfin réglé ma suspension au bon SAG

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Homme de 44 ans ajustant la suspension VTT au bon SAG sur un sentier forestier au lever du jour

Le SAG m’a sauté au nez quand la pompe d’amortisseur a lâché son petit ‘pschitt’ sur le parking du Fort des Rousses. C’était mon premier réglage du SAG au parking, pompe d’amortisseur en main, et j’ai poussé l’anneau contre le joint avant de partir. Au retour, il n’avait presque pas bougé, et j’ai été convaincu trop vite que le vélo allait bien.

Avant ce jour, je croyais régler ça au feeling

À 44 ans, je roule surtout le week-end et sur ma navette quotidienne. Avec mes deux enfants et les soirées qui filent, je n’ai jamais laissé de la place à des essais interminables. Je faisais mes réglages entre deux sorties, sans luxe, avec ce que j’avais sous la main. Sur une feuille de mon carnet de Rédacteur éditorial du magazine VTT Conliège ; pratiquant VTT de longue date., j’avais noté des pressions au crayon.

Je gonflais au parking, en short, sans vérifier l’anneau de repère. Je me mettais à califourchon sur le vélo, un pied au sol, et j’étais sûr de moi. Je regardais la fourche à l’œil, puis je partais. Je ne faisais pas la différence entre une suspension bien réglée et une suspension juste ferme.

Pour moi, le SAG passait après. Je croyais que la compression et la détente portaient tout le travail. Je me trompais. Le vélo me l’a rappelé d’une façon qui n’avait rien de gentil.

La sortie qui m’a remis le vélo en travers

Je suis parti un samedi matin sur un sentier cassant au-dessus du village. Pendant 1h30, j’ai enchaîné racines, pierres plates et deux descentes rapides. J’avais un sac à dos chargé, les protections aux genoux et une veste légère, parce que l’air piquait. Dès les premiers mètres, le vélo paraissait haut, presque posé sur la pointe.

En montée assise, l’arrière flottait. La roue cherchait sa trajectoire dans les racines, puis se décrochait d’un coup. L’avant rebondissait sur les petits cailloux et me renvoyait des coups secs dans les paumes. Au bout de 25 minutes, mes avant-bras étaient durs comme du bois. Je me suis retrouvé à serrer les cocottes plus fort que nécessaire.

Au retour, j’ai remis l’anneau de SAG à ras du joint. Je l’avais oublié avant le départ, et ça m’a mis un vrai doute. J’ai repris ma position naturelle, mains aux cocottes, pieds sur les pédales, avec le sac encore sur le dos. L’anneau n’avait bougé que d’un millimètre. Là, j’ai compris que le vélo ne travaillait presque pas dans sa zone utile.

J’ai été frappé par le décalage. Sur le parking, tout semblait propre. Sur le terrain, c’était une autre histoire. Je m’étais trompé en réglant à l’arrêt, sans vraie position de pilotage, et sans l’équipement complet. J’avais aussi confondu SAG et fermeté générale, alors j’avais fermé un peu trop la compression. Le vélo tapait sur les petits chocs, mais je m’obstinais à chercher la faute ailleurs.

La pompe, les petits pschitt et la vraie mesure

Le soir même, j’ai sorti la pompe d’amortisseur sur l’établi. J’ai lu la notice, puis j’ai repris à zéro. J’ai monté la pression par petites touches de 2 PSI, en notant chaque changement. À chaque fois, j’appuyais deux ou trois fois sur la fourche et l’amortisseur pour chasser les frottements du départ.

Sans ces compressions, la lecture me mentait. Je croyais manquer de SAG, alors que les joints retenaient un peu la première course. Le vélo paraissait raide au premier enfoncement, puis s’ouvrait après plusieurs mouvements. J’ai hésité un moment, parce que la mesure ne cessait pas de varier. J’ai passé une bonne demi-heure à refaire la lecture, parce que le chiffre bougeait encore.

Le poids changeait tout. En tenue complète, avec le sac et les protections, j’ai perdu 5 PSI par rapport à la mesure à vide. Je ne l’avais pas anticipé, et c’est là que j’ai cessé de me fier à la version courte du test. Le vélo s’enfonçait davantage une fois en position de pilotage, et la différence sautait aux yeux.

Quand la pression tombait juste, j’entendais un petit ‘pschitt’ à chaque correction. Ce bruit discret m’a rassuré, parce que je jouais enfin sur un vrai réglage. J’ai fini avec un tiers environ de SAG devant et un tiers environ derrière. Je suis rentré dans la maison avec l’impression d’avoir enfin mis la main sur quelque chose de net.

Ce que j’ai compris une fois revenu sur le sentier

Sur la montée suivante, j’ai senti tout de suite la différence. La roue arrière cherchait moins sa ligne dans les racines, et le vélo avançait sans pompage inutile. En sortie de virage, la roue avant a cessé de taper sur les pierres. Le grip était là, mais le vélo gardait du retour sous les mains.

Ce réglage m’a appris à ne plus confondre SAG et compression. Quand je fermais trop la compression, le vélo devenait dur et nerveux. Il tapait sur les petits chocs et me rendait moins précis dans le cassant. Depuis, j’accepte un peu plus d’enfoncement, parce que je préfère du contrôle à un faux sentiment de fermeté.

Je me suis aussi demandé si je devais changer de fourche ou d’amortisseur. J’avais regardé Marzocchi, RockShox et Fox Racing Shox, puis j’ai reposé la clé. Ce n’était pas le bon moment pour courir après un autre modèle. Mon vélo était déjà capable de mieux, et je l’avais simplement réglé trop haut.

J’ai aussi compris qu’un pilote léger, un pilote plus agressif, ou un tour avec sac ne racontent pas la même chose au vélo. Je ne peux pas généraliser à tout le monde, mais mon point juste se situe autour de ces 26 et un tiers environ. Avec les années, je me méfie des réglages faits à vide.

Ce que cette histoire a changé pour moi

Je garde de cette sortie une leçon simple. Le bon SAG, ce n’est pas un chiffre posé au hasard, c’est un vélo qui tient sa ligne et grippe mieux. Quand j’ai réglé avec la tenue complète et un vrai tour de 23 minutes, le résultat était clair.

Je referais sans hésiter la mesure en condition réelle. Je referais aussi le test après les premières compressions, parce que le départ du garage m’a déjà trompé. Je ne voudrais plus d’un réglage fait en short, sans sac, avec l’anneau mal placé. Pour quelqu’un qui accepte de perdre un peu de débattement apparent, le gain sur le sentier m’a paru évident.

Je ne referais pas le coup de la pompe au parking sans repartir vérifier derrière. Je ne laisserais plus la compression masquer un mauvais SAG, ni un bruit sec me passer sous le nez. Je suis rentré du Fort des Rousses avec une idée plus nette de mon vélo. Je n’oublierai jamais ce moment où j’ai vu que mon anneau de SAG n’avait bougé que d’un millimètre après 90 minutes de pilotage. Ma suspension semblait figée dans le temps.

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