Plaquettes de frein organiques contre métalliques : ma comparaison

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Comparaison détaillée de plaquettes de frein organiques et métalliques pour VTT sur établi en bois

Plaquettes de frein organiques contre métalliques, j’ai senti le levier se ramollir dans la descente du col de la Faucille, juste après un virage serré encore humide. Sur les premiers mètres, les organiques ont donné ce freinage franc que j’aime en terrain sec, puis la course du levier s’est allongée. Les métalliques, elles, sont restées mordantes et plus stables. Rédacteur éditorial du magazine VTT Conliège ; pratiquant VTT de longue date., j’ai tout de suite vu que le premier ressenti ne disait pas tout.

Comment j’ai organisé mes descentes pour vraiment pousser les freins

J’ai organisé le test sur un circuit de 6,2 km avec 620 mètres de descente, sur la boucle qui redescend vers la lisière du massif après le col de la Faucille. Je suis parti trois fois par semaine pendant trois semaines, avec une sortie sèche, une sortie après pluie fine, puis une autre dans une boue légère collée aux cailloux. Chaque descente durait 15 minutes à rythme soutenu, sans pause au milieu. J’ai gardé le même sentier, la même pression de pneus et les mêmes appuis dans les virages.

J’ai monté un enduro léger, un Orbea Occam LT avec freinage Shimano XT M8120 et disques de 203 mm, d’abord avec des Shimano G05A Resin, puis avec des G04S Metal. Les disques étaient déjà rodés sur 5 sorties et j’avais nettoyé les pistes avec alcool isopropylique avant de commencer. Je ne cherchais pas un record, je cherchais la différence de sensation entre les deux garnitures. J’ai aussi vérifié le centrage de l’étrier avant chaque départ, parce qu’un montage un peu de travers brouille vite la lecture.

Je voulais mesurer trois choses, et je les ai notées au retour de chaque descente. J’ai regardé la tenue à la chaleur, la perte de mordant, le bruit à basse vitesse et l’usure visuelle de la garniture. J’ai aussi comparé la course au levier avant et après, parce que c’est là que le doute arrive, pas dans les slogans. J’ai gardé le même doigt, le même réglage de reach et la même manière d’entrer dans les appuis.

Un samedi, je suis rentré pour le repas avec mes deux enfants, puis j’ai repris le vélo dix minutes plus tard pour la dernière montée. J’ai été convaincu que le second jeu resterait discret, mais je me suis vite retrouvé avec un disque qui chantait dès les premiers mètres. Dans mon travail, je note ce genre de détail parce qu’il revient quand je compare deux jeux sur le même frein.

La première descente où j’ai vraiment senti la différence dans le levier

Je suis parti dans la première vraie longue descente avec les organiques, et j’ai été frappé par ce petit délai qui n’existait pas au départ. Les cinq premières minutes, le levier restait net, puis la garde s’allongeait un peu, puis encore, jusqu’à ce que la main commence à anticiper. Je me suis retrouvé à freiner plus tôt dans les épingles, parce que le premier coup de levier semblait bon puis s’écrasait sur la descente longue malgré des plaquettes encore épaisses. J’ai senti la surface devenir moins vive, comme si le frein glissait au lieu de mordre.

Au même endroit, avec les métalliques, j’ai gardé le même rythme et j’ai senti un frein plus sec, plus franc, presque brutal au début de course. Le levier est resté ferme même quand la piste a pris du relief, et je n’ai pas vu cette chute de puissance à chaud. J’ai entendu un petit sifflement aigu à vitesse lente, juste après la pluie, et ça m’a suivi dans les derniers mètres. Je me suis senti plus libre dans le choix de ma trajectoire, mais moins tranquille pour le voisinage au départ du sentier.

J’ai sorti le thermomètre infrarouge au pied du parking, et j’ai lu 112 °C sur le disque avec les organiques, puis 105 °C avec les métalliques sur une descente comparable. J’ai vu la piste de freinage virer au bleu léger sur le rotor arrière après deux passages appuyés, ce qui m’a confirmé que j’avais chauffé plus que prévu. J’ai aussi noté le bruit, parce qu’un grincement intermittent au freinage léger apparaît vite quand le rodage est imparfait ou quand le disque reste un peu gras. Je n’ai pas conclu trop vite, et j’ai remis les deux jeux sur le même tronçon une seconde fois.

Au bout de 12 minutes, j’ai senti mon levier organique s’écraser comme si l’air s’était glissé dans la durite, alors que les métalliques restaient mordantes comme au départ.

Trois semaines à alterner entre organiques et métalliques, avec surprises et erreurs

Pendant trois semaines, j’ai alterné les deux jeux en nettoyant les disques avant chaque montage, puis en faisant dix freinages appuyés pour roder la surface. Un soir, je suis rentré trop tard pour le dîner avec mes deux enfants, et j’ai monté le jeu trop vite, avec des doigts qui avaient pris de l’huile de chaîne. Le résultat a été net, avec un bruit métallique de frottement dans un cas, puis un couinement sec dans l’autre. J’ai compris assez vite que le moindre gras sur la piste ou sur la garniture change la lecture du test.

Après plusieurs sorties, j’ai vu les organiques s’user plus vite, surtout après une matinée humide et deux descentes en terrain gras. Les métalliques ont tenu plus longtemps, mais j’ai commencé à voir une teinte bleutée sur le rotor arrière et une surface un peu polie au toucher. J’ai noté aussi que le frein arrière devenait plus sonore, même quand je roulais calmement jusqu’à la voiture. Je ne peux pas dire que le bruit m’a surpris, mais il m’a rappelé que la durée de vie se paie ailleurs.

Un jour, j’étais sûr de moi, et j’ai cru à un souci de purge parce que le levier descendait plus bas que d’habitude. J’ai démonté l’étrier, contrôlé les plaquettes, puis j’ai compris que les organiques étaient glacées, avec une surface lisse et un freinage qui glissait au lieu d’attaquer. J’ai refait un rodage propre sur une côte courte, et la sensation au levier est revenue après une dizaine de freinages appuyés. Je me suis senti bête, mais j’ai gardé la note, parce que ce faux symptôme revient vite dans la vraie vie.

En démontant la roue après une sortie boueuse, j’ai vu que les plaquettes organiques étaient comme rongées sur les bords, alors que les métalliques affichaient seulement une légère teinte bleue sur le rotor.

Au bout du test, ce que j’ai vraiment retenu pour mes sorties en montagne

Au bout du test, j’ai retenu une coupure claire entre les deux jeux. Les organiques m’ont donné le meilleur silence et la meilleure finesse sur sec, mais j’ai perdu du mordant à chaud dès 12 minutes de descente. Les métalliques ont gardé une sensation plus ferme dans la chaleur et sous la pluie, et je n’ai pas vu de baisse nette sur les deux dernières descentes. Le thermomètre m’a montré 112 °C sur les organiques et 105 °C sur les métalliques, et le levier m’a parlé avant les chiffres.

Je garde quand même deux réserves. Les organiques se sont mangées plus vite dans l’humide, et les métalliques m’ont suivi avec un sifflement aigu à vitesse lente qui me fatigue dans la cour et sur les petits ralentissements. J’ai aussi dû adapter mon pilotage, parce qu’avec les métalliques je freine plus tôt et plus net, alors qu’avec les organiques je dose plus finement dans les épingles. J’ai compris qu’un même frein ne raconte pas la même chose selon la garniture.

Pour quelqu’un qui roule par temps sec, qui cherche le silence et qui accepte de changer les plaquettes plus vite, je garde les organiques sans hésiter. Pour quelqu’un qui accepte plus de bruit, des freins plus secs et des sorties sous la pluie ou dans le dénivelé, je prends les métalliques. Quand je prépare une grosse sortie ou une navette quotidienne sous la flotte, je choisis selon la météo du jour, pas selon une idée fixe. Je ne cherche plus une plaquette parfaite, je cherche celle qui colle à ma journée.

Dans la dernière descente de la Combe de Mijoux, j’ai eu mon verdict sans débat, avec le rotor arrière encore tiède sous les doigts. Je garde cette conclusion simple: je monte les organiques pour le sec et le calme, je passe aux métalliques dès que la montagne se fait longue, humide ou boueuse. Si un bruit reste après un vrai rodage et un nettoyage sérieux, je passe par un mécanicien vélo, parce que je ne joue pas avec un frein qui m’emmène en descente. Je suis rentré de ce test avec une idée claire, et je n’ai pas changé d’avis au parking.

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