Le dérailleur d’entrée de gamme a claqué sec dans la montée du Mont Poupet, juste au moment où j’ai relancé en danseuse. J’ai gardé ce vélo 7 mois.
Je signe ces notes en tant que Rédacteur éditorial du magazine VTT Conliège ; pratiquant VTT de longue date. J’ai été convaincu au départ, parce que le passage restait net le premier mois.
Comment j’ai testé ce dérailleur en conditions réelles et sous forte charge
Je suis parti sur une saison de 7 mois, avec 3 sorties par semaine les 6 premières semaines puis 2 quand la pluie a collé. J’ai roulé sur des montées raides, des sentiers cassants du Jura, et des passages gras après deux averses de suite. J’ai aussi gardé le vélo dehors 3 nuits pour voir ce que la poussière et l’humidité faisaient au réglage. Mes appuis ont changé entre les sorties assises et les relances en danseuse, parce que c’est là que le dérailleur trahit le mieux son niveau.
J’ai monté un Shimano Tourney TX800 payé 27 euros, avec chape courte, sans embrayage, sur une cassette 8 vitesses 11-34 et une chaîne KMC Z8.3. J’ai réglé la tension du câble au quart de tour, puis j’ai gardé les butées H et L serrées juste ce qu’il fallait. Au départ, les galets en plastique ne présentaient pas de jeu, et la chape restait bien dans l’axe.
Je voulais mesurer trois choses: la netteté sous charge, le bruit des galets, et la rigidité de la chape et du parallélogramme. Mon métier; pratiquant VTT de longue date. m’a appris à distinguer un vélo calme sur pied d’atelier d’un vélo fiable en côte. J’ai noté chaque reprise de chaîne sur les pignons du milieu, parce que c’est là que la moindre friction se voit tout de suite.
J’ai aussi comparé les jours secs de juin avec la boue de novembre, et j’ai gardé un œil sur le câble, la gaine et les embouts. Avec mes deux enfants à la maison, je n’avais pas envie de passer 20 minutes au garage pour une butée de travers. J’ai donc noté chaque petit écart, même quand le vélo semblait correct au premier coup d’œil.
La leçon qui m’a coûté cher
Au bout de 8 semaines, j’ai eu le premier vrai doute dans la montée des Forges, sur une relance courte mais raide. J’ai entendu un cliquetis sec, puis j’ai senti la chaîne hésiter avant de grimper d’un cran. Je venais de régler la tension la veille, et je me suis retrouvé à lever le pied pour laisser passer le pignon.
Je suis rentré avec une impression bizarre, parce que le vélo passait presque bien sur le plat. Au nettoyage, j’ai vu la chape décalée de quelques millimètres, et la patte montrait un léger pli après un contact avec une pierre. La chaîne ne montait plus d’un coup sur un pignon précis, et je devais relâcher la pression sur les pédales pour la laisser grimper.
J’ai d’abord cru à un câble détendu, et j’ai retendu la commande sans regarder la gaine ni les embouts. La première sortie humide a montré mon erreur, parce que la commande a durci sous la boue et que la friction a augmenté dans la gaine. J’ai fini par comprendre que le jet d’eau avait fait davantage de dégâts que la boue elle-même, surtout après un lavage trop près de la chape et des roulettes.
Le ressort de rappel est devenu moins vif, et le retour de chaîne s’est fait par à-coups. J’ai aussi laissé la chaîne et les galets couverts de gras noir et de sable pendant 3 sorties, et j’ai payé ça en côte. Le bruit de casserole des galets est venu en premier, puis le passage des vitesses a commencé à hésiter sous charge.
Trois semaines plus tard, la surprise dans les montées
Trois semaines plus tard, j’ai remplacé le câble et la gaine, puis j’ai redressé la patte avec un contrôle simple dans l’axe de la roue. J’ai repris les butées H et L, et j’ai serré le tout assez pour que le réglage tienne sans forcer. J’ai aussi nettoyé les galets et la chape avec un chiffon et un peu de dégraissant, pas avec le jet.
| point contrôlé | avant | après |
|---|---|---|
| tension de câble | 1 retouche après chaque sortie humide | 0 retouche sur 11 sorties |
| alignement de la chape | 3 mm de travers au contrôle | axe revenu après redressage |
| bruit en côte | cliquetis sec sur les pignons du milieu | simple frottement fin en appui |
En côte raide, j’ai entendu moins de bruits parasites, et la chaîne a monté plus franchement quand j’ai relâché une demi-seconde la pression. Je sentais encore une légère flexion du parallélogramme sur les cailloux, surtout quand la roue arrière tapait sèchement. Le dérailleur restait plus propre, mais je n’oubliais pas sa base simple.
J’ai roulé une autre sortie avec un milieu de gamme équipé d’embrayage, et j’ai senti tout de suite la chaîne mieux tenue en descente. Les racines ne lui faisaient pas lever la chaîne aussi vite, et le galet supérieur restait plus discret en appui fort. Cette comparaison m’a confirmé qu’un modèle sans embrayage pardonne moins quand le terrain devient très cassant.
Mon verdict après une saison sur le terrain cassant et sous forte pression
Au bout de 1 500 km, j’ai vu les galets prendre un jeu modéré, et le passage a perdu en netteté en fin de saison. Les premières semaines restaient propres, puis le cliquetis et les frottements sont arrivés après 4 mois, surtout en appui sur les pignons du milieu. J’ai aussi noté que le bruit revenait plus vite dès que la transmission restait sale après une sortie boueuse.
J’ai confirmé que la chape et le parallélogramme manquent de rigidité, et le moindre choc léger suffit à dérégler l’alignement. La patte légèrement tordue m’a donné des passages à vide en côte, puis des sauts de chaîne dès que j’ai appuyé fort. La chape qui se décale de quelques millimètres suffit à transformer une montée tranquille en calvaire, et je l’ai vu assez de fois pour ne plus le prendre à la légère.
Je pense que ce dérailleur reste correct pour un usage loisir sur terrain modéré, avec un vélo propre et un œil régulier sur la patte. À la maison, entre mes deux enfants et mes sorties du week-end, je n’ai pas envie de reprendre une indexation tous les 15 jours, donc je surveille le câble avant qu’il tire mou. Si je devais rouler plus engagé dans le cassant, j’irais vers un modèle avec embrayage et j’accepterais le surcoût.
Je ne sais pas si chaque Tourney TX800 réagirait pareil, mais celui-là m’a montré ses limites dès que la terre collait et que la patte avait pris un coup. Sur la rampe du Mont Poupet, j’ai compris qu’un bon réglage initial ne remplace pas le contrôle régulier de la patte, du câble et de la gaine. Mon verdict est simple: j’y vois un dérailleur honnête pour le loisir, à condition de lui consacrer du temps et de ne pas lui demander le comportement d’un milieu de gamme.



